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Quand la taxe révèle l'injustice

Quand la taxe révèle l'injustice

Tout a commencé avec quelques centimes sur le litre de gasoil. Une mesure présentée comme "écologique", portée par un gouvernement qui s'affiche en champion du climat mais qui, dans les faits, fait payer la transition énergétique aux plus modestes. Une injustice de plus. Mais une injustice de trop.

Car le problème n'est pas la taxe en elle-même. Le problème, c'est ce qu'elle révèle : un système fiscal profondément inégalitaire, où le smicard paie proportionnellement bien plus que le millionnaire, où la TVA frappe tout le monde à égalité sans se soucier des revenus. En France, on taxe les pauvres pour ne pas taxer les riches. Les Gilets Jaunes l'ont dit haut et fort, avec leurs corps sur les ronds-points.

Ce que la France a découvert en novembre 2018, c'est une géographie sociale qu'elle refusait de voir. D'un côté, les métropoles dynamiques, connectées, bien desservies. De l'autre, les zones périurbaines et rurales, condamnées à la voiture parce que le bus n'existe plus, parce que la gare a fermé, parce que la poste aussi, et le médecin, et l'école. Des territoires abandonnés qui ont soudain mis un gilet jaune et dit : nous existons.

La réponse du gouvernement a été d'abord le dédain, ensuite la répression, enfin quelques annonces financières pour calmer la gronde. Mais aucune remise en question profonde du modèle. Aucun mea culpa sincère sur des décennies de politiques qui ont creusé les inégalités territoriales et sociales.

Les Gilets Jaunes ont posé une question que personne ne voulait entendre : à qui profite la République ? La réponse, ils la connaissaient déjà. C'est pour ça qu'ils sont sortis dans la rue.