Deux poids, deux mesures : la justice des puissants contre la justice du peuple
Deux poids, deux mesures : la justice des puissants contre la justice du peuple
Il y a une chose que la France aime proclamer : l'égalité devant la loi. Liberté, Égalité, Fraternité. Trois mots gravés sur les frontons de ses tribunaux. Trois mots qui sonnent de plus en plus creux quand on regarde comment la justice traite réellement ses justiciables — selon qu'ils sont puissants ou ordinaires.
Nicolas Sarkozy a été condamné dans plusieurs affaires de corruption, trafic d'influence, financement illégal de campagne. Il est devenu le premier président de la Cinquième République à être incarcéré, le 21 octobre 2025 — et a été libéré après seulement 21 jours de détention, provoquant une onde de choc médiatique et un débat national sur l'égalité devant la justice. Vingt et un jours. Pour des années de corruption documentée. Pendant ce temps, des citoyens ordinaires font de la détention provisoire pour des délits bien moindres. evrimagaci
Parallèlement, Guillaume Meurice a été licencié pour faute grave par Radio France en juin 2024 pour avoir réitéré à l'antenne une blague qualifiant Benjamin Netanyahou de "sorte de nazi sans prépuce". Les plaintes déposées contre lui ont été classées sans suite par la justice. Il n'a commis aucun délit reconnu par un tribunal — et pourtant, il a perdu son travail. Anadolu Ajansı
Dieudonné, lui, cumule les condamnations, les interdictions de spectacle, le bracelet électronique — pour des blagues. Des plaisanteries jugées infâmes, certes. Mais des plaisanteries. Zemmour, condamné plusieurs fois pour provocation à la haine raciale, est devenu candidat à la présidentielle et chroniqueur millionnaire.
Alors que le citoyen se voit refuser la moindre information sur les dérapes budgétaires de l'État, l'État, lui, sait tout de lui. On surveille le peuple. On protège les élites. Ce n'est pas une justice à deux vitesses. C'est deux justices différentes pour deux catégories de citoyens différentes. Et cette réalité devrait nous mettre en rage. David Guyon Avocat

