Cancel culture, autocensure, liberté de créer : l'art sous pression
Cancel culture, autocensure, liberté de créer : l'art sous pression
L'art a toujours dérangé. C'est son rôle. Sa raison d'être. Un tableau qui choque, un roman qui dérange, une pièce de théâtre qui bouscule les certitudes — voilà ce que la culture a de plus précieux et de plus nécessaire. Mais aujourd'hui, quelque chose a changé. La pression ne vient plus seulement d'en haut. Elle vient de partout.
En France, en matière culturelle, le principe "toute licence en art" a longtemps dominé. Les censures émanant des pouvoirs publics étaient rares. Hier, la société exerçait une pression en faveur de la liberté de créer. Aujourd'hui, la donne semble changer : des groupes organisés occupent le terrain médiatique ou judiciaire, allant parfois jusqu'à des manifestations d'intimidation physique contre des œuvres ou des artistes. Slate
Des expositions annulées sous pression militante, des spectacles déprogrammés avant même d'avoir été vus, des auteurs sommés de réécrire leurs œuvres pour les rendre conformes aux sensibilités du moment. L'autocensure, elle, ne fait pas de bruit. Elle se passe dans la tête de l'artiste qui, avant de créer, calcule les risques. Qui mesure les réactions possibles. Qui s'ampute.
Lutter contre ce retour de la censure n'est pas approuver le travail d'un artiste. La liberté de création n'empêche nullement la liberté de critiquer. Une œuvre peut déplaire, voire dégoûter — il n'en demeure pas moins que, dans le respect de la loi républicaine, l'artiste doit pouvoir jouir de la totale liberté de création. Slate
La culture a besoin d'espace. D'oxygène. De droit à l'erreur, au scandale, au malaise. Une société qui ne supporte plus d'être bousculée par ses artistes est une société qui a décidé de ne plus grandir. Défendre la liberté de créer, même quand ça dérange — surtout quand ça dérange — c'est défendre ce que nous avons de plus humain.

