Artistes en France : créer pour survivre dans un système qui les abandonne
Artistes en France : créer pour survivre dans un système qui les abandonne
On aime les artistes. On les applaudit, on les stream, on remplit leurs expositions, on les cite en interview. Et pendant ce temps, une majorité d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, sans retraite décente, sans filet de sécurité, dans un vide administratif kafkaïen que l'État perpétue depuis des décennies.
Un rapport parlementaire de 2025 sur la "continuité de revenus" des artistes-auteurs met en lumière une précarité structurelle touchant une majorité d'entre eux, des écarts de revenus considérables au sein même des professions artistiques, et une exclusion durable des dispositifs de solidarité interprofessionnelle, notamment l'assurance chômage. Exclus du chômage. Exclus de la solidarité. En France, en 2026. Baratin
Le scandale de l'AGESSA hante encore les esprits. La Cour des comptes, dans son rapport de juillet 2025, a recommandé le retrait d'agrément de la Sécurité sociale des artistes-auteurs, pointant des dépenses injustifiées — dont un loyer de 642 000 euros par an pour un siège quasi vide — et des indemnités de départ de 300 000 euros versées à la direction malgré ses fautes documentées. L'argent des artistes, dilapidé par les gestionnaires de leur propre protection sociale. Artistes-auteurs
Les diffuseurs — éditeurs, producteurs, plateformes — ne cotisent qu'à hauteur de 1,1 % pour financer la protection sociale des artistes-auteurs, contre 16 % à la charge des artistes eux-mêmes. Ceux qui s'enrichissent grâce à la création paient presque rien. Ceux qui créent paient tout. Actualitte
La France se targue d'être la patrie des arts et de la culture. Mais une patrie qui laisse ses artistes dans la misère tout en subventionnant les structures qui les exploitent n'est pas une patrie culturelle. C'est une façade. Nos créateurs méritent mieux qu'un applaudissement et une facture.

