Répression, interdictions, Sainte-Soline : la France qui matraque ses propres citoyens
Répression, interdictions, Sainte-Soline : la France qui matraque ses propres citoyens
Il y a une ligne que les démocraties ne devraient jamais franchir : celle qui consiste à utiliser la force de l'État non pas pour protéger les citoyens, mais pour les réduire au silence. La France l'a franchie. Plusieurs fois. Et les images sont là pour en témoigner.
Mars 2023, Sainte-Soline. Une manifestation contre les mégabassines. 200 manifestants blessés, dont 40 grièvement. Parmi les blessures : fractures, plaies délabrantes, brûlures, pertes d'audition, éborgnement. Deux manifestants voient leur pronostic vital engagé et sont placés dans le coma. Un carnage. Wikipedia
En novembre 2025, Mediapart et Libération publient les images des caméras-piétons des gendarmes. Elles montrent des tirs tendus de grenades — illégaux — sur les manifestants, et des gendarmes jubilant d'avoir provoqué des blessures graves. L'un d'eux déclare : "J'ai signé pour ça,
j'ai attendu 10 ans de gendarmerie pour vivre ça." Les ordres de tirs tendus ont été donnés dans au moins 9 escadrons sur 15. Des ordres. Pas des initiatives individuelles. Une stratégie. POLITIS
Pendant ce temps, à Paris, le préfet de police Laurent Nuñez annonce qu'il interdira la manifestation pro-palestinienne prévue le 28 octobre 2023. "Les organisations qui ont déposé cette déclaration sont des organisations qui, par les propos qu'elles ont pu tenir, pouvaient laisser à penser qu'elles étaient en soutien du Hamas", justifie-t-il. Un motif immatériel, moral, subjectif — qui permet d'interdire sans preuve, sans jugement, par décret préfectoral. Le tribunal administratif qualifiera ensuite cette décision d'"atteinte grave à la liberté de manifester". Trop tard pour les manifestants du jour. FranceinfoFranceinfo
Dieudonné interdit. Manifestations pro-palestiniennes interdites. Sainte-Soline réprimée dans le sang. Des opposants de plus en plus nombreux poursuivis, gardés à vue, condamnés. Sept militants de Sainte-Soline condamnés à de la prison avec sursis, l'un d'eux à six mois ferme. Les gendarmes qui ont jubilé d'avoir blessé des civils ? Enquête administrative. Ouverte sous la pression des médias. Deux ans après les faits. Wikipedia
Ce n'est pas de l'ordre public. C'est de la répression sélective. Et chaque fois qu'un État réprime ses citoyens qui manifestent pacifiquement, il rapetisse un peu plus la démocratie qu'il prétend défendre.

