Un monde en flammes : quand la guerre devient la norme
Un monde en flammes : quand la guerre devient la norme
Nous avions cru que le XXIe siècle serait celui de la paix. Du commerce mondial, du dialogue des civilisations, des institutions internationales qui régulent et apaisent. Ce monde-là n'existe plus. Peut-être n'a-t-il jamais vraiment existé.
Selon les derniers rapports du Comité international de la Croix-Rouge et de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo, plus de 130 conflits armés ont été recensés dans le monde en 2025 — plus du double qu'il y a 15 ans. Près d'une cinquantaine de ces conflits se déroulent sur le seul continent africain. Cent trente conflits. Simultanément. Sur la même planète. Radio-Canada
Les combats se sont poursuivis en Ukraine, au Soudan, au Myanmar et au Sahel. Un échange de tirs entre l'Inde et le Pakistan a porté les tensions à un niveau inédit depuis plusieurs décennies. La Thaïlande et le Cambodge se sont affrontés le long de leur frontière. Et au Congo, le Rwanda a de fait annexé deux provinces entières par le biais de forces rebelles alliées. Pendant que les télévisions se concentrent sur quelques conflits, des dizaines d'autres saignent dans l'indifférence totale. Crisis Group
Dans un contexte de recomposition de l'ordre mondial, peu de belligérants sont enclins à consentir à des compromis durables. Le révisionnisme assumé de Donald Trump est plus dangereux que l'hypocrisie de ses prédécesseurs : les principes fondamentaux de l'ordre juridique issu de l'après-guerre ne peuvent perdurer sans l'adhésion des États-Unis. Crisis Group
Voilà où nous en sommes. Le droit international se délite. Les institutions multilatérales sont paralysées. Les grandes puissances jouent à leurs propres jeux, au mépris des peuples qui en paient le prix. Le Soudan saigne dans le silence, Gaza brûle sous les projecteurs intermittents, l'Ukraine résiste avec les moyens qu'on lui laisse bien vouloir donner.
Ce monde en feu n'est pas une fatalité. C'est le résultat de choix politiques, d'intérêts économiques, de lâchetés collectives. Et tant que nous l'accepterons comme une toile de fond normale de notre quotidien, rien ne changera.

