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Le mensonge de la "mort digne" à travers l'euthanasie

Euthanasie, franc-maçonnerie et business

 

                                                                                                        Interview de Gregor Puppinck sur Radio Tocsin (01/07/2026)

 

               Depuis que la question de l'euthanasie s'est posée en France, des hauts cris ont été répercutés par la presse dite mainstream : comment oser être contre, juger à la place de ceux qui souffrent, à quoi bon l'acharnement thérapeutique quand le patient est condamné, etc. Voilà une confusion totale qui s'est installée entre l'intention, le moyen choisi et la façon d'étouffer le problème, bien plus complexe...

Qu'est-ce qu'une « mort digne » ?

Il y aurait donc des morts « indignes » : souffrir, perdre tout ou partie de son autonomie, retomber en enfance, devenir incontinent, perdre la mémoire, exposer ses faiblesses à autrui, qui n'aime certainement pas endurer un tel spectacle. Qui est indigne ici ? Le patient, ou l'égoïsme de proches ? Dans quelle mesure la « déchéance » de l'autre ne nous fait-elle pas peur en nous imaginant dans le même état quand nous aurons atteint un âge avancé ? Il est une humilité qui demanderait de compatir plutôt que de supprimer un tableau qui nous déplaît. Un patient ayant perdu son autonomie devient-il donc indigne de vivre ? Est-ce ce message que nos dirigeants veulent transmettre à leurs citoyens ? Il n'y aurait donc aucune espérance à espérer face à la souffrance : non plus tenter de réduire la souffrance mais supprimer la personne, humaine trop humaine.

L'urgence d'une écoute, d'un accompagnement psychologique en situation extrême

Si les animaux laissent souvent mourir ou abandonnent l'un des leurs en situation de faiblesse (pas toujours), la société des humains avait jusqu'ici tendu la main aux plus faibles en les accompagnant psychologiquement : que ce soit la présence, la simple présence, de l'entourage, de membres de la famille, ou la douceur de la parole, une main prise dans une autre, tout aide le patient à sentir que la situation est moins désespérée qu'il ne le pense. Qu'un tel état ne va pas durer, qu'il est toujours aimé par les siens, qu'il garde sa dignité dans le regard de l'autre. Même condamné, ça aide à partir. On se sent épaulé, moins seul, et même peut-être attendu de l'autre côté.

Psychologue et psychothérapeute française, Marie de Hennezel a marqué la réflexion sur les soins palliatifs grâce à son expérience de dix ans en unité de soins palliatifs. Elle défend une approche profondément humaine de la fin de vie, centrée sur l'écoute, la parole et la présence, s'opposant aux solutions d'aide active à mourir qu'elle juge contraires à l'éthique du soin :

. La force de la parole et de la présence : selon elle, c'est l'accompagnement relationnel, l'écoute des derniers mots et le fait de se sentir entouré qui aident une personne à s'apaiser au seuil de la mort, bien plus qu'une intervention létale.

. Laisser le temps de mourir : elle insiste sur le droit pour le malade de vivre pleinement ce dernier temps intérieur, de faire ses adieux et de déposer des gestes ou des regards auprès des siens.

. Le devoir d'accompagnement : dans ses ouvrages et ses rapports officiels, elle rappelle que la société et le monde médical ont le devoir de ne pas abandonner les personnes vulnérables et de généraliser l'accès à de véritables structures palliatives compétentes.

Il est du devoir d'une société humaine d'accompagner les patients en souffrance – en fin de vie ou non – en faveur de la vie. Le serment d'Hippocrate, tombé aux oubliettes, texte fondateur de la déontologie médicale rédigé en Grèce antique au IVe siècle av. J.-C - est traditionnellement prêté par les nouveaux professionnels de santé avant d'exercer. Il pose les bases morales de la bienfaisance, du secret médical et du principe de ne pas nuire. Soigner, et non tuer, en résumé.

« Ceux qui ont le privilège d'accompagner quelqu'un dans ses derniers instants de vie savent qu'ils entrent dans un espace de temps très intime.                                                                                                                                                                                                                   La personne, avant de mourir, tentera de déposer auprès de ceux qui l'accompagnent l'essentiel d'elle-même. Par un geste, une parole, parfois seulement un regard, elle tentera de dire ce qui compte vraiment et qu'elle n'a pas toujours pu ou su dire.                                         […]                                                                                                                                                                                                                Quand on ne peut plus rien faire on peut encore être aimé et se sentir aimé et bien des mourants au moment de quitter la vie nous ont lancé ce message poignant : ne passez pas à côté de la vie, ne passez pas à côté de l'amour1! »

Et Marie de Hennezel de conclure dans La Mort intime1 : « On cache la mort comme si elle était honteuse et sale. On ne voit en elle qu'horreur, absurdité, souffrance inutile et pénible, scandale insupportable , alors qu'elle est le point culminant de notre vie, son couronnement , ce qui lui confère sens et valeur.                                                                                                                                               Elle n'en demeure pas moins un immense mystère, un grand point d'interrogation que nous portons au plus intime de nous-mêmes.              Je sais que je mourrai un jour, bien que je ne sache pas comment , ni quand. Il y a un lieu , tout au fond de moi, où je sais cela. Je sais qu'un jour je devrai quitter les miens à moins que ce soient eux qui me quittent d'abord. Ce savoir le plus profond, le plus intime paradoxalement est ce que j'ai en commun avec tous les autres humains. »

Alors pourquoi l'euthanasie ?

La réalité est malheureusement tout autre qu'un simple appel à un humanisme... Encore une fois, ce bel idéal est instrumentalisé pour servir les desseins les plus ignobles : un vaste trafic d'organes. Aux antipodes de toute spiritualité, empathie pour les souffrants, on ne nous rappelle pas que le don d'organe tant encouragé comme un acte d'héroïsme ou de générosité, ne peut avoir lieu sur un mort... C'est-à-dire que le prélèvement d'organes ne peut être réalisé que sur un corps en vie ; accidenté, ou malade, mais...en vie. Pire, sans aucune injection létale, cette euthanasie peut donc désormais provoquer la mort par don d'organes, un corps déchiqueté par les plus riches... D'où la question : dans une société où tout sens du sacré a disparu, déchristianisée à coups de forceps depuis quelques siècles, dans quelle mesure l'euthanasie proposée à des patients en détresse ne va-t-elle pas être une autoroute, un hypermarché d'organes ?... 

Gregor Puppinck, juriste et essayiste français s'alarme. Loin de constituer un progrès, le vote de cette loi en faveur de l'euthanasie marque une dégringolade de la France, l'ultime estocade : le délitement de la moralité, du lien social. Nous assistons à une fragilisation des personnes, à un abandon des pauvres, c'est-à-dire à la déshumanisation de la société. Une France désabusée, victime d'une conception matérialiste de la vie, qu'on lui a assénée depuis la Révolution française. Une sorte de suicide collectif d'un pays qui se tire une balle dans le pied : « foutu pour foutu... ». La dignité du vieillard empreint de sagesse a laissé la place à l'absurdité du vieillissement, le sens de la souffrance – le bilan de vie, l'appel des proches à lui donner un sens, à ne pas passer à côté de l'amour -, a été substitué par une rébellion face à la douleur, injuste. Il ne s'agit pas de tomber dans une apologie du dolorisme. Mais d'être encore capable d'y percevoir une révision de ce que nous croyions, un appel à la conversion du cœur, et/ou à la foi, à une espérance en une vie dans l'autre dimension. Un départ annoncé sans regrets, qui « facilite » la transition vers l'au-delà comme les religions aiment l'appeler.

L'aveuglement des adeptes de l'euthanasie face à la perte d'humanité dans laquelle on s'engage, face aux conséquences terribles qui vont en résulter, et leur fascination pour la mort, pour le pouvoir qu'ils ont cru se donner en adoptant ce texte, leur aveuglement face à tous les risques que cette loi comporte, est sidérant. C'est comme signer son arrêt de mort. Alors que la mort relève de questions depuis longtemps censurées, taboues en France :  la religion, le rapport à à la nature humaine, le rapport à Dieu, à la liberté.  Si tout ça n'est pas abordé, nous mourrons comme des chiens. Et les enterrements dans des cimetières ne seront plus qu'un souvenir, nos corps jetés dans une fosse commune...

Une idéologie purement maçonnique

Après que les médias aient passé des années à nous pondre des articles expliquant que ces loges n'existent pas ou plus, puis qu'elles n'ont plus aucun pouvoir, les tribulations accélérées que nous traversons depuis les années 2000 attestent le contraire. Cette question de l'euthanasie rend visible une fracture au sein de la France : la France qui croit encore à la libération du peuple de l'oppression par la Révolution française (organisée en réalité par la bourgeoisie, avide de s'emparer des richesses et du pouvoir de l'aristocratie...), qui veut s'émanciper de tout - y compris en sacrifiant l'homme, et l'autre France en face qui défend une conception beaucoup plus humaine, plus prudente, plus réaliste, qui souligne qu'une telle pratique est juste inhumaine ; que les adeptes de l'euthanasie sont en réalité victimes d'une idéologie, aveuglés par des lunettes embuées...

Un monde sans Dieu, c'est un monde où les Hommes veulent être Dieu : tout-puissants face à leur mort, qu'ils pensent pouvoir maîtriser. C'est déguiser l'échec et le désespoir en choix, en liberté, dans un sursaut d'orgueil... De quoi faire pleurer les anges s'ils nous regardent de là haut.

Quel meilleur moyen que l'euthanasie pour limiter la démographie, tout en se débarrassant des plus faibles ? N'est-ce pas cette même pratique, baptisée autrement - « chambres létales » - que l'Allemagne nazie avait recommandées pour les handicapés ? L'euthanasie ne cacherait-il pas un eugénisme relooké ? Un symptôme parlant : l'interdiction de porter, de contester en justice la décision du médecin d'euthanasier un patient. En vertu de la loi relative au droit à l'aide à mourir, définitivement validée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026, les proches d'un patient n'ont pas le droit de contester en justice la décision d'un médecin d'accorder l'euthanasie ou le suicide assisté. 

               Mais est-on lucide, en pleine souffrance ? Aussitôt disparue ou atténuée, le patient veut-il toujours mourir ? Comment voter une loi, systématique, de surdité envers un patient qui n'a plus toute sa raison tant il souffre ? Plus personne n'est en droit de le protéger contre lui-même. Le meurtre parfait, déguisé en soin. « L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu », avait annoncé l’Évangile de Jean (16, 2). Une résurgence de catho ? Non. L'Ancien Testament l'annonçait aussi : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume ! » (Livre d'Isaïe, ch. 5, verset 20). Ce renversement des valeurs morales et la perte de repères spirituels creusent notre tombe. Ces textes que bien peu lisent, nous mettent en garde contre l'aveuglement volontaire où la société en vient à légitimer ou à glorifier ce qui détruit l'humain (le mal), tout en rejetant ou condamnant ce qui est juste et droit (le bien)...