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Dutroux, Zandvoort : quand les institutions protègent les bourreaux

Dutroux, Zandvoort : quand les institutions protègent les bourreaux

Il y a des affaires qui ne devraient jamais être oubliées. Pas parce qu'elles fascinent. Parce qu'elles révèlent quelque chose d'insupportable sur le monde dans lequel nous vivons : que des enfants peuvent être torturés, violés, tués — et que leurs bourreaux peuvent être protégés par ceux-là mêmes qui devraient les poursuivre.

L'affaire Dutroux commence en 1996 comme un sujet pour fait-diversiers et devient un séisme politique et judiciaire. Marc Dutroux est condamné en 2004 à la prison à perpétuité pour séquestrations, viols et assassinats de fillettes et d'adolescentes — Julie et Mélissa, An et Eefje, Sabine et Laëtitia. L'émoi provoqué dans le pays amène plus de 350 000 personnes à envahir Bruxelles lors de la Marche blanche. Trois cent cinquante mille citoyens dans la rue pour des enfants assassinés. Un pays entier qui refuse de se taire. Wikipedia

Mais ce que la justice belge a voulu enterrer, c'est la question du réseau. L'affaire des CD de Zandvoort révèle l'existence d'un réseau d'exploitation sexuelle d'enfants à l'échelle européenne. Le dossier compte 93 081 photos de crimes réels sur des enfants selon Interpol. La majorité des atteintes ont été réalisées dans des studios de pornographie et des maisons de la protection de la jeunesse, sous la responsabilité des services sociaux. Des enfants abusés dans des institutions censées les protéger. Fr-Academic

Le juge Connerotte écrit au roi des Belges en janvier 1996 pour dénoncer "le dysfonctionnement judiciaire érigé en véritable institution" garantissant l'impunité des criminels. Après son dessaisissement, l'enquête est réorientée pour présenter Dutroux comme un détraqué isolé — un enterrement royal pour éviter que les investigations ne remontent trop haut. Centerblog

Des juges dessaisis. Des preuves disparues. Des témoins morts. Ce n'est pas de la théorie du complot — c'est le dossier judiciaire. Et tant que ces questions resteront sans réponse, nous n'aurons pas rendu justice aux enfants de Marcinelle.