Un mouvement vivant dans notre mémoire collective
Un mouvement vivant dans notre mémoire collective
On a voulu les oublier. On a dit que c'était fini, que le mouvement s'était essoufflé, que la pandémie avait tout effacé. Mais les Gilets Jaunes ne s'effacent pas. Ils ont laissé une trace profonde dans la conscience collective française — et dans le monde entier, car leur révolte a inspiré des mouvements similaires au Chili, en Irak, au Liban.
Ce que les Gilets Jaunes ont accompli est historique. Ils ont remis la question du Référendum d'Initiative Citoyenne (RIC) au cœur du débat politique. Ils ont, surtout, démontré que la mobilisation populaire horizontale est possible au XXIe siècle.
Mais au-delà des revendications, ils ont accompli quelque chose de plus profond : ils ont redonné de la dignité à des millions de personnes qui se sentaient invisibles. Sur les ronds-points, des liens se sont formés entre des gens qui ne se seraient jamais croisés. Des solidarités inattendues. Une fraternité née du bitume et des gilets fluorescents.
Aujourd'hui, dans un contexte de hausse des prix, de crise du pouvoir d'achat et de défiance envers les institutions, les conditions qui ont engendré ce mouvement sont toujours là — souvent aggravées. Les Gilets Jaunes ne sont pas un épisode clos de l'histoire française. Ils sont un avertissement permanent : quand le peuple est ignoré trop longtemps, il finit toujours par se lever.

