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L'école en crise : quand l'instruction cède la place à l'idéologie

L'ecole est en crise: quand l'instruction cède la place à l'idéologie

 

 

Si l'école a pour vocation d'instruire et de former les jeunes générations, force est de constater qu'elle s'éloigne aujourd'hui dangereusement de cette mission. Pire encore, elle empiète sur un domaine qui devrait rester celui des parents : l'éducation des valeurs et de la morale familiale.
Rappelons d'abord quelques principes fondateurs.

 

Les origines de l'école républicaine


Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique à la fin du XIXe siècle, avait confié aux instituteurs une mission claire : transmettre une éducation morale et civique, sans jamais imposer de doctrine religieuse ou idéologique. La loi du 18 mars 1882 excluait explicitement tout dogme des programmes scolaires, afin de protéger la liberté de conscience des maîtres comme des élèves.
Dans sa célèbre Lettre aux instituteurs, Ferry distinguait deux domaines bien séparés : d'un côté, les croyances — personnelles, libres et variables — et de l'autre, les connaissances — communes et indispensables à tous. L'instituteur était alors considéré comme un « auxiliaire du père de famille », chargé de transmettre une morale universelle, celle que tout parent honnête pourrait approuver sans réserve.

 

Que se passe-t-il aujourd'hui ?


Cette école-là semble avoir disparu. À sa place s'est installée une forme de propagande : une pensée orientée, imposée par les gouvernements successifs et certains groupes de pression, qui utilise l'école pour façonner les esprits des enfants selon une vision du monde très particulière.
Parmi les exemples les plus frappants : des cours sur l'identité sexuelle ou la sexualité destinés à des enfants très jeunes, des intervenants extérieurs au contenu parfois douteux, et des discours qui tendent à fragiliser l'autorité des parents, présentés comme un obstacle à la « liberté » des enfants.
Dans le même temps, les enseignants ont progressivement perdu leur autorité. Par crainte d'être accusés d'autoritarisme, beaucoup ont renoncé à leur rôle de guide. Résultat : des élèves livrés à eux-mêmes, sans repères solides.

 

Une éducation qui fabrique des consommateurs, pas des esprits libres


Dans l'enseignement supérieur, le constat est tout aussi préoccupant. Plutôt qu'apprendre à penser de manière critique et indépendante, les étudiants sont formés à mémoriser et restituer. On leur enseigne des savoir-faire techniques pour devenir productifs, mais on néglige le savoir-être, c'est-à-dire la construction d'une personnalité et d'une éthique.
Dans certaines grandes écoles d'ingénieurs, les programmes axés sur la « tolérance » et l'inclusion — des valeurs nobles en elles-mêmes — sont parfois utilisés pour disqualifier tout point de vue différent de celui du gouvernement. Remettre en question certaines thèses officielles, qu'il s'agisse de politique sociale ou de questions scientifiques, est rapidement qualifié de complotisme, d'homophobie ou de fascisme. La liberté de débat et de pensée critique s'en trouve étouffée.

 

Une destruction qui n'est pas un hasard

En 1991, le philosophe Christian Combaz écrivait dans sa Lettre à Raymond qui ne croit pas au bon Dieu :
« Les enfants sont à l'étroit dans la condition humaine comme dans une boîte d'allumettes. Et que fait-on ? On leur apprend à compter les allumettes. On les oblige à croire que c'est le sens de la vie. Ils courent après des diplômes en croyant que c'est la clé du bonheur, mais chacun sait que c'est plutôt le bonheur qui permet de passer des diplômes. »
Ces mots, écrits il y a plus de trente ans, sonnent aujourd'hui comme une prophétie. L'appauvrissement intellectuel et moral de l'école n'est pas le fruit d'une négligence. C'est, selon l'auteur, le résultat d'une volonté délibérée de désorienter la jeunesse — et il est plus que temps de le dire clairement.

 

Dea Sequana