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Emmanuelle Amar est épidémiologiste et directrice du Remera, le Registre des malformations en Rhône-Alpes, basé à Lyon. Fondé en 1973 après le scandale du thalidomide, c'est le plus ancien des six registres de malformations congénitales de France. Il a notamment contribué à mettre en évidence les conséquences de la Dépakine pendant la grossesse.

Portrait d'Emmanuelle Amar
Lanceuse d'alerte · NonPossumus.info

Emmanuelle Amar

Épidémiologiste · Directrice du Remera (Lyon) · Affaire des « bébés sans bras »

Sa mission était de surveiller les malformations. Quand des cas groupés sont apparus dans l'Ain, elle a refusé que l'on s'en tienne au silence.

★ Lanceuse d'alerte 🔬 Épidémiologiste 🏥 Directrice du Remera 👶 Agénésies transverses des membres supérieurs 📍 Ain · Loire-Atlantique · Morbihan 📚 Auteure de « Un silence toxique » (2019)
1973fondation du Remera, après le scandale du thalidomide
7enfants nés sans bras ou sans main dans l'Ain (2009-2014)
17 kmde rayon autour de Druillat
58 ×taux de cas supérieur à l'attendu, selon le Remera
18cas dans l'Ain sur 15 ans, selon Santé publique France (oct. 2018)

✦ Présentation

Emmanuelle Amar est épidémiologiste et directrice du Remera, le Registre des malformations en Rhône-Alpes, basé à Lyon. Fondé en 1973 après le scandale du thalidomide, c'est le plus ancien des six registres de malformations congénitales de France. Il a notamment contribué à mettre en évidence les conséquences de la Dépakine pendant la grossesse.

En 2010, un médecin de l'Ain lui signale la naissance de trois bébés sans bras autour de Druillat, un petit village. Au fil des années, le registre en recense d'autres dans un périmètre restreint, avec une concentration géographique jugée anormale. Sept enfants nés sans bras, sans main ou sans avant-bras entre 2009 et 2014 sont identifiés autour de Druillat, dans un rayon de 17 km. Des cas groupés similaires sont également repérés en Loire-Atlantique et dans le Morbihan.

Après des années d'alertes restées sans suite, elle rend l'affaire publique en septembre 2018. Elle devient le visage de ce dossier, entre soutiens politiques et scientifiques et vives critiques sur sa méthode et sa démarche.

📅 Chronologie du combat

1973

Création du Remera

Le registre est fondé à Lyon après le drame du thalidomide, qui avait fait naître des milliers d'enfants sans bras entre 1957 et 1962.

2010 – 2011

Les premiers signalements

Un médecin de l'Ain signale trois naissances d'enfants sans bras autour de Druillat. Le Remera alerte sur le nombre inquiétant de bébés nés avec une atrophie du membre supérieur.

Fin 2014

Rapport aux autorités sanitaires

Le Remera adresse un rapport aux autorités de santé sur ces cas groupés.

Octobre 2016

Réponse de Santé publique France

Un rapport conclut que les données sont insuffisantes pour affirmer la présence d'un cluster dans l'Ain, tout en jugeant une « vigilance renforcée » nécessaire.

Septembre 2018 ✦

L'alerte devient publique

Emmanuelle Amar médiatise le dossier. L'affaire des « bébés sans bras » devient un sujet national.

Début octobre 2018

La contre-expertise de Santé publique France

L'agence conclut que le nombre de cas dans l'Ain (7) n'est pas supérieur à la moyenne nationale, alors qu'un excès existe en Loire-Atlantique (3 cas) et en Bretagne (4 cas), sans cause identifiée. Emmanuelle Amar conteste cette analyse et dénonce des erreurs de méthodologie.

16 octobre 2018 ✦

Convocation à un entretien préalable au licenciement

Emmanuelle Amar et cinq collègues du Remera sont convoqués par les Hospices civils de Lyon. Elle y voit une conséquence de son alerte, alors que la région et l'Inserm avaient déjà retiré leur financement.

21 octobre 2018

Nouvelle enquête annoncée

La ministre de la Santé Agnès Buzyn annonce une nouvelle enquête avec l'Anses et Santé publique France, et assure qu'il est « hors de question » d'arrêter la subvention des registres. Emmanuelle Amar y voit une « grande avancée » et réclame des scientifiques indépendants.

29 octobre 2018 ✦

Licenciements suspendus et 11 nouveaux cas

La procédure de licenciement est « suspendue ». Le même jour, Santé publique France recense 11 cas suspects supplémentaires dans l'Ain, soit 18 au total sur quinze ans.

Février 2019

Enquête remise à plat

Un dispositif d'enquête avec comité scientifique et comité de coordination est mis en place par Santé publique France et l'Anses.

10 octobre 2019

Publication de « Un silence toxique »

Elle publie le récit de son combat aux éditions du Seuil.

⚠ Où en est-on aujourd'hui ?

Aucune cause n'a été identifiée à ce jour dans les sources consultées.

Les enquêtes sanitaires n'ont mis en évidence aucune cause, y compris environnementale. Des élus écologistes évoquent les pesticides, mais Emmanuelle Amar a elle-même reconnu qu'« on n'a rien pu mettre en évidence » sur ce point. Elle réclame que la recherche se poursuive sur les facteurs environnementaux au sens large (travail, alcool, pesticides, etc.) et souligne que les registres ne couvrent que 21 % des naissances en France.

À vérifier avant publication : les conclusions finales de l'enquête menée par Santé publique France et l'Anses, le statut actuel d'Emmanuelle Amar et de sa structure, et le financement du Remera.

Un dossier controversé. Emmanuelle Amar est soutenue par le conseil scientifique du Remera, par l'ancienne directrice du registre Élisabeth Gnansia et par d'anciens ministres de l'Écologie (Delphine Batho, Corinne Lepage). L'épidémiologiste Ségolène Aymé (Inserm) conteste en revanche son statut de lanceuse d'alerte et l'accuse d'avoir manipulé l'opinion, ce qu'elle qualifie d'accusation sans fondement. Santé publique France a dénoncé de son côté une « campagne calomnieuse ». Cette fiche rapporte ces positions sans trancher.

📚 Son ouvrage

2019

Un silence toxique

Éditions du Seuil, 10 octobre 2019. ISBN 978-2-02-142637-3. « Enjeux et zones d'ombre d'un sujet de santé publique » : le récit de son engagement, entre indifférence des interlocuteurs, enquêtes jugées bâclées et volte-face des autorités sanitaires.

Amazon.fr Fnac Fiche éditeur

🏅 Engagements & influence

🔬 Surveillance

Défense du rôle des registres de malformations dans la détection précoce des signaux sanitaires.

🏛 Institutions

Audition à l'Assemblée nationale, relance d'une enquête nationale par la ministre de la Santé.

📣 Médias

Conférence de presse devant l'Association des journalistes de l'environnement, interventions radio et télévisées.

🤝 Soutiens

Conseil scientifique du Remera, anciens ministres de l'Écologie, élus de plusieurs bords.

🔗 Liens utiles

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Fiche établie en octobre 2026. Sources : Reporterre, Slate, AFP, Europe 1, Pourquoi Docteur, Allo Docteurs, Lyon Capitale, Le Quotidien du Médecin, Éditions du Seuil.
Mise à jour : octobre 2026