Épileptique depuis l'âge de six ans, Marine Martin est traitée à la Dépakine (valproate de sodium). Elle prend ce médicament pendant ses grossesses, en 1998 puis en 2001-2002, après avoir demandé à plusieurs médecins s'il présentait un risque. Ses deux enfants, nés en 1999 et 2002, sont aujourd'hui atteints d'autisme ; son fils est né avec une malformation et un handicap lourd.
Marine Martin
Épileptique, mère de deux enfants handicapés par un médicament dont la notice ne signalait pas les risques, elle a décidé de ne pas se taire.
✦ Présentation
Épileptique depuis l'âge de six ans, Marine Martin est traitée à la Dépakine (valproate de sodium). Elle prend ce médicament pendant ses grossesses, en 1998 puis en 2001-2002, après avoir demandé à plusieurs médecins s'il présentait un risque. Ses deux enfants, nés en 1999 et 2002, sont aujourd'hui atteints d'autisme ; son fils est né avec une malformation et un handicap lourd.
En 2011, en cherchant sur Internet quels médicaments sont dangereux pendant la grossesse, elle découvre sur le site du CRAT (Centre de référence sur les agents tératogènes) que la Dépakine figure parmi les plus risqués. Elle lance alors l'alerte, retrouve d'autres familles et fonde l'APESAC (Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant).
Depuis, elle mène un combat à la fois médiatique, judiciaire et politique : information des patientes et des médecins, mesures de prévention, plaintes pénales, action de groupe et indemnisation des victimes. Elle s'est inspirée de l'exemple d'Irène Frachon, lanceuse d'alerte du Mediator.
📅 Chronologie du combat
Commercialisation de la Dépakine
Le valproate de sodium est mis sur le marché sous la marque Dépakine (Sanofi), puis sous des marques génériques et d'autres noms (Dépakote, Dépamide).
Les grossesses
Marine Martin prend de la Dépakine pendant ses grossesses. Ses enfants naissent en 1999 et 2002.
L'alerte et la création de l'APESAC
Elle découvre le risque, lance l'alerte et fonde l'association pour retrouver et soutenir les familles.
La « deuxième génération »
L'APESAC recueille des cas de petits-enfants de victimes présentant des troubles similaires. Marine Martin demande des études et rencontre la ministre de la Santé Agnès Buzyn le 27 novembre 2017.
Plaintes et enquête pénale
Elle porte plainte contre Sanofi. Une enquête est ouverte à Paris en septembre 2016 sur la période 1990 – avril 2015.
Sanofi mis en examen
Le laboratoire est mis en examen pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires ». Marine Martin y voit une étape importante.
Mise en examen pour homicides involontaires
Sanofi est mis en examen pour « homicides involontaires » après une plainte de l'APESAC. Selon l'association, le juge a imposé un cautionnement de 80 millions d'euros. Sanofi conteste ces poursuites.
Première étude sur l'impact transgénérationnel
Une publication internationale conclut à la nécessité d'études sur les effets sur les petits-enfants, ce que l'APESAC réclamait depuis plusieurs années.
Action de groupe et condamnation à Nanterre
La justice autorise des familles à se joindre à une action de groupe contre Sanofi. En mai, le tribunal de Nanterre condamne le laboratoire à indemniser une famille (plus de 400 000 €) en reconnaissant le lien avec les troubles neurodéveloppementaux. Sanofi fait appel.
Sanofi condamné à indemniser Marine Martin
Le tribunal judiciaire de Paris juge Sanofi responsable d'un défaut d'information sur les risques malformatifs et neurodéveloppementaux, du maintien en circulation d'un produit qu'il savait défectueux et d'une faute de vigilance pendant ses grossesses. Il doit verser 284 867,24 € à Marine Martin et à ses deux enfants. Sanofi annonce faire appel.
⚠ Où en est-on aujourd'hui ?
Le dossier judiciaire est loin d'être soldé.
Marine Martin préside toujours l'APESAC et continue de dénoncer des prescriptions de valproate à des femmes enceintes ou en âge de procréer. Elle réclame notamment des logiciels d'aide à la prescription qui alertent les médecins, la poursuite des études sur la transmission aux générations suivantes et l'indemnisation de toutes les victimes.
À vérifier avant publication : l'issue de l'appel de Sanofi dans le dossier Martin, l'avancée de l'action de groupe, l'instruction pénale (homicides involontaires) et les éventuelles évolutions du dispositif d'indemnisation de l'ONIAM.
📚 Son ouvrage
🏅 Engagements & influence
🏛 APESAC
Association d'aide aux familles : information, accompagnement administratif, scolaire et judiciaire, rassemblements avec médecins et avocats.
⚖ Justice
À l'origine de la procédure pénale contre Sanofi et d'une action de groupe, en collaboration avec Me Charles Joseph-Oudin.
🔬 Recherche
Alerte sur l'impact transgénérationnel du valproate et appel à des études indépendantes.
📣 Médias
Principal visage des victimes de la Dépakine, invitée régulière des médias et du salon « Des livres d'alerte ».
🔗 Liens utiles
- 🌐 APESAC – Site officiel de l'association
- 🎙 Europe 1 – « Je ne pouvais pas me taire »
- 🎙 Allo Docteurs – Encore trop de prescriptions aux femmes enceintes
- 🎙 Allo Docteurs – Les petits-enfants touchés eux aussi ?
- 🎙 Allo Docteurs – Sanofi mis en examen pour homicides involontaires
- 📰 Le Quotidien du Pharmacien – La lanceuse d'alerte indemnisée
- 📰 Le Quotidien du Médecin – Sanofi condamné à indemniser une victime lanceuse d'alerte
- 📰 Le Quotidien du Médecin – Sanofi mis en examen (tromperie aggravée)
- 📰 Santé mentale – Première étude sur l'impact transgénérationnel
- 📰 Le Petit Journal – Marine Martin et le scandale de la Dépakine
- 🏛 ANSM – Agence nationale de sécurité du médicament
- 🏛 CRAT – Centre de référence sur les agents tératogènes
Fiche établie en octobre 2026. Sources : Le Quotidien du Médecin, Le Quotidien du Pharmacien, Allo Docteurs, Europe 1, Reuters, Santé mentale, Le Petit Journal, APESAC.
Mise à jour : octobre 2026