Luc Montagnier
Luc Montagnier
Non Possumus rend hommage au Professeur Luc Montagnier, grand scientifique français qui, jusqu'à la fin de sa vie, a défendu envers et contre tout la liberté de la recherche et le droit de douter, même face aux discours officiels.
Un pionnier de la virologie
Né le 18 août 1932 à Chabris, dans l'Indre, Luc Montagnier se découvre très tôt une passion pour la biologie moléculaire. Il entre au CNRS en 1960, puis se perfectionne en virologie en Grande-Bretagne, où il démontre que la forme réplicative du virus de l'encéphalomyocardite murine est une molécule d'ARN, une découverte pionnière pour l'époque.
En 1972, il rejoint l'Institut Pasteur pour y créer une nouvelle unité d'oncologie virale. C'est là, avec ses collaborateurs Jean-Claude Chermann et Françoise Barré-Sinoussi, qu'il isole en 1983 un nouveau rétrovirus prélevé chez un patient atteint d'un syndrome d'immunodéficience, qu'il nomme LAV. Ce virus sera rebaptisé plus tard VIH, et identifié comme l'agent causal du SIDA.
Cette découverte majeure lui vaut le prix Lasker de la recherche médicale en 1986, puis le prix Nobel de Médecine en 2008, partagé avec Françoise Barré-Sinoussi.
Un chercheur libre, jusqu'au bout
Dans la dernière partie de sa carrière, Luc Montagnier s'engage sur des terrains plus contestés : mémoire de l'eau, nanostructures induites par l'ADN, puis, lors de la pandémie de Covid-19, hypothèses sur l'origine du virus et prises de position critiques envers la vaccination de masse. Ces positions lui valent une reconnaissance renouvelée auprès d'une partie du public, mais aussi de vives critiques d'une large part de la communauté scientifique, qui lui reproche de s'éloigner de la rigueur expérimentale.
Refusant de se taire malgré la polémique, il continue jusqu'à ses derniers jours à intervenir publiquement, convaincu que la science ne devait jamais renoncer au doute ni céder à la pensée unique. Plusieurs voix, dont celle du professeur Didier Raoult, salueront à sa mort un chercheur « atypique », resté fidèle à sa liberté de pensée jusqu'au bout.
Repères
Naissance à Chabris, dans l'Indre.
Entrée au CNRS ; débuts en biologie moléculaire et virologie.
Création de l'unité d'oncologie virale à l'Institut Pasteur.
Identification du LAV, futur VIH, agent causal du SIDA.
Prix Nobel de Médecine, partagé avec Françoise Barré-Sinoussi.
Prises de position remarquées sur l'origine du Covid-19 et la vaccination.
Décès le 8 février à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 89 ans. Hommage populaire au Père-Lachaise le 22 février, puis inhumation au cimetière du Château d'Oléron.
« La science ne doit jamais cesser de douter. »
— L'esprit qui aura guidé toute sa vie de chercheur

