Corinne Gouget n'était ni médecin, ni scientifique de formation. Elle était d'abord une mère — et c'est précisément cette posture, celle d'une femme ordinaire soucieuse de ce qu'elle met dans l'assiette de ses enfants, qui donnait à son travail une portée populaire que nul expert institutionnel n'a jamais réussi à atteindre. Pendant plus de douze ans, elle a épluché étiquettes, études scientifiques, rapports de toxicologie et littérature internationale pour compiler ce que les industriels auraient préféré que vous ne sachiez jamais.
Son œuvre maîtresse — « Additifs alimentaires danger ! », paru en 2006 aux Éditions du Chariot d'Or — devint rapidement un best-seller vendu à plus de 170 000 exemplaires en français, traduit dans plusieurs langues européennes. Petit format de poche, il se glissait dans le sac à main ou dans la poche et permettait à n'importe quel consommateur de décrypter, en quelques secondes devant un rayon de supermarché, le niveau de danger de chaque additif listé sur une étiquette. Un code couleur simple — rouge, orange, vert — faisait le travail que les autorités sanitaires auraient dû faire depuis des décennies.
Corinne représentait en France l'association internationale Mission Possible, réseau de bénévoles engagés contre l'aspartame dans le monde entier. Elle anima des conférences, des ateliers, des salons bio à travers toute la France, tint un site — santeendanger.net — actif de 2008 à 2015, et accorda des interviews à de nombreux médias alternatifs. Son combat lui valait la haine tenace de l'industrie agro-alimentaire.
Elle disparut le 22 juin 2015 à Frontignan, dans l'Hérault, percutée par un train. L'enquête conclut à un suicide. Elle traversait alors une période personnelle très difficile, marquée par un divorce et une séparation forcée d'avec ses deux filles. Ses proches et ses soutiens continuent, pour certains, à s'interroger sur les circonstances de cette mort. Ce qui est certain est qu'elle laissait de nombreux projets inachevés, et une œuvre qui continue de toucher des lecteurs chaque année.
Un génocide alimentaire silencieux
Corinne Gouget identifiait dans l'alimentation industrielle moderne un ensemble cohérent de menaces sanitaires délibérément masquées par des codes incompréhensibles pour le grand public. Son travail portait particulièrement sur trois substances qu'elle considérait comme les plus dangereuses et les plus répandues : l'aspartame (E951), le glutamate monosodique (E621), et le dioxyde de titane (E171).
L'aspartame, présent dans plus de 6 000 produits alimentaires et 600 médicaments, lui apparaissait comme un poison neurotoxique capable de provoquer plus de 92 symptômes différents, du simple mal de tête aux troubles neurologiques graves — et cependant massivement autorisé par les agences sanitaires mondiales. Elle citait régulièrement les travaux du neurologue américain Russell Blaylock et du spécialiste mondial de l'aspartame, le Dr H.J. Roberts, qui concluaient sans ambiguïté à sa dangerosité.
Le glutamate, exhausteur de goût addictif présent dans la quasi-totalité des produits ultra-transformés, lui semblait aussi dangereux que l'aspartame — et d'autant plus insidieux qu'il peut se cacher sous des dizaines de noms différents sur les étiquettes. Sa dénonciation du soja comme « prochain grand scandale alimentaire » annonçait des débats qui allaient effectivement éclater dans les années suivant sa mort.
E 951
Aspartame
Édulcorant neurotoxique. +92 symptômes documentés. Présent dans 6 000 produits et 600 médicaments. Interdit en dépit des preuves.
E 621
Glutamate monosodique
Exhausteur de goût excitotoxique. Addictif. Se cache sous +40 noms sur les étiquettes. Présent dans chips, plats préparés, soupes.
E 171
Dioxyde de titane
Colorant blanc nanoparticulaire. Effets génotoxiques documentés. Utilisé dans bonbons, chewing-gums, médicaments. Interdit en France en 2020.
E 950
Acésulfame K
Édulcorant de synthèse. Potentiellement cancérigène selon certaines études. Présent dans sodas, produits « sans sucre ».
E 211
Benzoate de sodium
Conservateur. En présence de vitamine C, génère du benzène cancérigène. Présent dans sodas et sauces industrielles.
E 102
Tartrazine
Colorant jaune azoïque. Hyperactivité chez l'enfant démontrée. Interdit dans plusieurs pays, toujours autorisé en Europe.
Représentante pour la France d'un réseau mondial anti-aspartame
Corinne Gouget représentait officiellement en France Mission Possible International, réseau mondial de bénévoles fondé par Betty Martini et dédié à l'élimination de l'aspartame des produits alimentaires. L'association recense et documente les cas de pathologies liées à l'aspartame, contacte les autorités sanitaires, les législateurs et les médias dans des dizaines de pays.
À travers ce réseau, Corinne était en contact direct avec les principaux experts mondiaux sur l'aspartame — notamment le Dr H.J. Roberts (auteur de Aspartame Disease: An Ignored Epidemic) et le neurologue Russell Blaylock (auteur d'Excitotoxins: The Taste That Kills). Leur travail scientifique constituait l'ossature documentaire de ses propres démonstrations.
Une œuvre qui continue de protéger des millions de familles
Dix ans après sa disparition, le livre de Corinne Gouget reste en vente, régulièrement réédité et mis à jour. Des dizaines de milliers de Français continuent de le glisser dans leur sac de courses. Des vidéos de ses conférences, archivées sur YouTube, sont encore vues des centaines de milliers de fois chaque année.
Ses alertes sur le dioxyde de titane (E171) ont contribué à sa suspension en France en 2020, puis à son interdiction européenne discutée depuis. Ses mises en garde sur l'aspartame ont accompagné une prise de conscience mondiale qui a finalement conduit l'OMS à classer l'aspartame comme « peut-être cancérigène » en 2023 — huit ans après sa mort.
Elle avait raison. Elle le savait. Et les lobbies le savaient aussi. C'est précisément pour cela qu'ils ne l'ont jamais ménagée.